Du métier d’Infirmière à celui de Sage-femme, le parcours de Pauline Ferrier

L’arrêté du 24 Mars 2017 : Création de passerelles

L’arrêté du 24 Mars 2017 permet à de nouveaux publics (notamment aux professionnels paramédicaux) qui ont au moins 3 années d’études supérieures validées et qui peuvent justifier d’un exercice professionnel en lien avec ce diplôme de 2 ans à temps plein d’accéder directement à la 2e ou 3e année des études médicales, odontologique, pharmaceutiques ou de sage-femmes.

Maternité

Tout a commencé en janvier 2010 à la fin de mes études d’infirmière. J’ai effectué mon stage « pré-professionnel » (stage qui n’existe plus depuis la réforme du cursus infirmier) à la maternité dans le service de la salle d’accouchement, au bloc obstétrical plus précisément. J’ai eu, lors de ce stage une véritable révélation concernant la profession de sage-femme. J’ai immédiatement réalisé que « j’étais faite pour ce métier ». Je pense que toutes les personnes qui me connaissaient vraiment, elles, le « savaient déjà ». C’est d’ailleurs sur les conseils d’une amie que j’ai demandé à faire ce stage, elle m’avait dit à l’époque, « fais-le, c’est fait pour toi ! »

 

Après mon stage je me suis renseignée pour reprendre des études. Il n’existait en France, à ce moment-là, aucune passerelle, et pour des raisons personnelles, partir à l’étranger ou tout recommencer à zéro ne faisait pas partie des options envisageables. Je me suis alors recentrée sur mon objectif de départ et ai obtenu mon diplôme d’infirmière en avril de la même année. Mon coup de foudre pour cette profession (et pour cette maternité) m’a amenée à postuler pour travailler en suite de couches.

 

À partir de là, dans tout mon parcours j’ai eu énormément de chance. Une de mes collègues était enceinte à cette période et allait prochainement s’absenter pour son congé maternité. J’ai donc obtenu un CDD sur son remplacement. Je mets alors un pied dans la clinique et 1 an plus tard environ je mets le deuxième pied avec la signature de mon CDI. Pendant 8 ans j’ai travaillé en suites de couches principalement (de temps en temps en remplacement des infirmières de bloc obstétrical) et j’ai adoré ça. Chaque jour passé me confirmait mon envie de devenir sage-femme. J’ai toujours eu conscience de la chance que j’avais d’avoir ce poste, mais je rêvais tellement d’aller plus loin…

 

Un jour à la suite d’une discussion avec mon conjoint sur le fait que je rêvais de faire ce métier, j’ai cherché sur internet sans vraiment savoir ce que je cherchais… et je suis tombée sur le décret qui mentionne la possibilité pour les professionnels paramédicaux d’accéder par le biais d’une passerelle aux études de sages-femmes.  Je n’y croyais pas vraiment parce que je trouvais ça trop beau pour être vrai. Le lendemain matin j’ai contacté l’école de sages-femmes qui m’a confirmé la création de cette passerelle et m’a expliqué la marche à suivre. Puis tout s’est enchaîné. J’ai monté et déposé mon dossier à l’école de sage-femme.

 

J’ai reçu énormément de soutien et de conseils de la part de mes collègues et amies très proches, ce qui a, j’en suis certaine, beaucoup joué dans la balance. En parallèle j’ai pris rendez-vous avec Sylvie Adnet (Responsable Formation) pour lui faire part de mon projet et dès le départ elle a cru en moi et m’a énormément épaulée et guidée dans la mise en place de mon financement. Au départ, peu de personnes étaient au courant, je ne pensais pas y arriver, j’étais persuadée de ne pas être prise. Je ne sais plus très bien à quelle étape de mon parcours j’ai annoncé à mes cadres mon projet, mais dès le départ elles m’ont soutenue et encouragée ! Je ne crois pas qu’elles aient été surprises, elles ont toujours connu mon amour pour cette profession. Encore une fois j’ai eu une chance incroyable, être prise dans l’école, être financée par le Fongecif cette année… et surtout je ne me suis jamais sentie seule. J’ai toujours eu derrière moi mes collègues, mes cadres, de nombreux médecins et la direction par l’intermédiaire de Mme Delanys (Directrice adjointe). C’est sûrement un peu « cliché » ce que je vais dire mais mon travail est pour moi un lieu dans lequel je me sens bien, un peu comme chez moi, j’ai toujours ressenti un esprit très familial au sein de la clinique.

Une fois diplômée, le but est de revenir à la maternité pour exercer mes nouvelles fonctions, qui me permettront notamment d’être plus polyvalente.

Pauline Ferrier, Future Sage-femme à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine